Offre et prix

    Offre anormalement basse

    Une offre anormalement basse est une offre dont le prix est manifestement sous-évalué et de nature à compromettre la bonne exécution du marché. L’acheteur qui en soupçonne une doit d’abord demander à l’entreprise de justifier son prix ; il ne la rejette que si les justifications ne convainquent pas ou révèlent un manquement aux règles sociales ou environnementales.

    Mis à jour le 01/10/2026 · Relu par Laury Alger le 01/10/2026

    En pratique

    Votre offre pour un lot de carrelage sort 30 % sous l’estimation de l’acheteur et loin sous les autres. Il vous écrit sur le profil d’acheteur : « justifiez le montant de votre offre » dans un délai qu’il fixe, souvent court. Ce n’est ni une négociation ni un reproche : vous expliquez le prix remis, vous ne le modifiez pas.

    Une bonne réponse se chiffre, poste par poste. Elle commence par le sous-détail de prix des lignes qui pèsent le plus : déboursé sec (heures de pose et coût horaire chargé, fournitures au prix du devis fournisseur, matériel), puis frais de chantier, frais généraux et marge. Ensuite les raisons concrètes de votre avantage : stock déjà payé, équipe disponible sur un chantier voisin, procédé plus rapide, rendement mesuré sur vos chantiers. Joignez les devis et les références qui le prouvent.

    Ce que vérifie l’acheteur

    • Que vos justifications expliquent le prix ligne par ligne, pas en généralités sur votre compétitivité.
    • Que le coût de la main-d’œuvre respecte le droit du travail et la convention collective applicable : un coût horaire sous les minima conventionnels expose l’offre au rejet.
    • Que la part sous-traitée est elle aussi justifiable : le prix d’un sous-traitant trop bas entre dans l’examen.
    • Que le sous-détail est cohérent avec votre BPU ou votre DPGF : des totaux qui ne se recoupent pas ruinent la démonstration.
    • Une offre jugée anormalement basse ne peut pas être régularisée : seule la justification la sauve.

    Ce que dit la réglementation

    L’article L2152-5 du Code de la commande publique définit l’offre anormalement basse. L’article L2152-6 oblige l’acheteur à mettre en œuvre tous moyens pour la détecter et, avant tout rejet, à exiger des précisions et justifications sur le montant de l’offre. L’article R2152-3 cite les justifications recevables, part sous-traitée comprise : procédé de construction, solutions techniques, conditions exceptionnellement favorables, originalité de l’offre, entre autres. L’offre est rejetée si ces éléments ne justifient pas le prix, ou si elle contrevient au droit de l’environnement, au droit social ou au droit du travail, conventions collectives comprises (article R2152-4). Les régularisations ne sont ouvertes qu’aux offres qui ne sont pas anormalement basses (article R2152-2). Le CCAG-Travaux 2021 décrit le sous-détail d’un prix unitaire : déboursés, frais généraux, impôts et taxes, marge (article 9.3.3).

    Dans ARAO

    ARAO ne signale pas qu’un prix risque d’être jugé anormalement bas. Le chiffrage (option des formules payantes) part du déboursé sec de chaque ligne et garde un sous-détail qui indique l’origine de chaque prix : offre fournisseur connue, heures valorisées aux coûts horaires de votre entreprise, majorations de contexte. Frais de chantier, frais généraux, aléas et marge restent à votre main. C’est la matière d’une réponse à une demande de justification.

    Sources

    Textes vérifiés le 01/10/2026. Cette fiche présente la règle générale : les pièces de chaque consultation (RC, CCAP) font foi.

    Termes liés

    • Sous-détail de prix

      Le sous-détail de prix décompose un prix unitaire en ses composantes : déboursé sec (main-d’œuvre, matériaux, matériel), frais de chantier, frais généraux, aléas et marge.

    • Bordereau des prix unitaires (BPU)

      Le BPU (bordereau des prix unitaires) est la pièce de l’offre qui fixe, ligne par ligne, le prix d’une unité d’ouvrage : mètre carré d’enduit, point lumineux, mètre linéaire de tranchée.

    • Décomposition du prix global et forfaitaire (DPGF)

      La DPGF (décomposition du prix global et forfaitaire) est le tableau qui détaille, ouvrage par ouvrage, un prix forfaitaire : désignation, unité, quantité, prix unitaire et montant.

    • Critères d’attribution

      Les critères d’attribution sont les critères, annoncés dans les documents de la consultation, sur lesquels l’acheteur classe les offres pour retenir l’offre économiquement la plus avantageuse : prix…

    • Sous-traitance et paiement direct

      La sous-traitance est l’opération par laquelle le titulaire d’un marché confie, sous sa responsabilité, une partie des prestations à une autre entreprise.

    • Cahier des clauses administratives générales des marchés publics de travaux (CCAG-Travaux)

      Le CCAG-Travaux (cahier des clauses administratives générales des marchés publics de travaux) est le recueil de clauses d’exécution approuvé par l’arrêté du 30 mars 2021 : ordres de service, prix…

    À lire aussi

    • Chiffrage DPGF, DQE et BPU

      Le bordereau de l’acheteur chiffré au déboursé sec, frais et marge à votre main, réécrit dans son fichier Excel.

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    Le Go/No-Go d’ARAO est gratuit et illimité : il lit le DCE, relève la visite, les critères de jugement, les qualifications demandées et les pénalités, puis note le dossier sur vos critères.

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